RÉFLEXIONS pour Osee 14:2-10 — le 13 mars 2015

RÉFLEXIONS pour Ос 14:2-10

On considère généralement qu’Isaïe de Jérusalem est le fondateur de la tradition messianique yahviste. C’est lui qui, le premier, parla du Messie et du Royaume messianique. Pourtant, en lisant les livres prophétiques, on pense parfois malgré soi que l’image, sinon du Messie Lui-même, du moins du Royaume messianique, d’un monde transformé par le souffle de Dieu, s’était parfois révélée ou entrouverte même à ceux qui vivaient avant Isaïe. C’est ainsi qu’Osée voit le monde lui aussi : il est beau non plus seulement de sa beauté terrestre ordinaire, bien que les montagnes et les vallées d’Israël soient réellement d’une beauté saisissante, mais aussi d’une beauté transfigurée, celle dont le monde commence à resplendir lorsqu’il est lavé non seulement par la pluie, mais aussi par ce souffle de Dieu sans lequel il n’y a et ne peut y avoir de Royaume.

Il est également significatif qu’Osée parle de cet Israël transfiguré à propos du temps où les Assyriens auront disparu. Il lui fut donné d’être témoin de la fin du Royaume du Nord, qu’il avait prévue, et il comprenait bien sûr ce dont l’invasion assyrienne menaçait la Judée. Osée comprenait également que l’épanouissement ne viendrait pas avant que le peuple ait traversé l’épreuve de foi que constituerait cette invasion. Comme son jeune contemporain Isaïe, il comprenait parfaitement que l’état spirituel du peuple à cette époque ne lui laissait pratiquement aucune chance de miracle ni même d’intervention de Dieu dans les événements.

Pourtant, contrairement au royaume d’Israël, la Judée ne fut pas détruite par les Assyriens, bien qu’elle eût été ravagée. Jérusalem, assiégée par l’armée assyrienne, ne fut sauvée que par un miracle, qui se produisit après la mort d’Osée. Le prophète se serait-il donc trompé ? Difficilement. Si le prophète n’était qu’un devin de l’avenir, on pourrait parler d’erreur. Mais il n’en est rien : le prophète ne prédit pas l’avenir. Il constate seulement l’état spirituel présent du peuple qu’il a trouvé et porte sur cet état un jugement non en son propre nom, mais au nom de Dieu, qui lui révèle ce qu’Il pense de ce qui se passe.

L’avenir peut toujours être changé. Lorsque l’armée assyrienne se tenait aux portes de Jérusalem, toute la ville priait, jeûnait et se repentait de ses péchés. Dieu répondit à ce repentir par un miracle, et les Assyriens repartirent les mains vides. Mais tout aurait pu se passer autrement si les habitants s’étaient conduits différemment face au danger mortel qui menaçait alors la ville.

Un principe spirituel important agit ici : le dessein de Dieu s’accomplira dans tous les cas, mais les formes et les moyens de son accomplissement sont déterminés par Dieu en tenant compte du choix des hommes et peuvent donc changer au fil des événements. Cependant, ce monde nouveau et transfiguré qu’Osée a vu viendra certainement. La seule question est de savoir combien de temps cela prendra et combien d’efforts cela exigera.