RÉFLEXIONS pour Gn 1:14-23 — le 24 février 2015

RÉFLEXIONS pour Gn 1:14-23

On connaît la question traditionnelle que les athées posent aux chrétiens, et aussi aux autres croyants : si les astres n'ont été créés qu'au quatrième jour, d'où vient donc la lumière du premier jour de la création ? Bien sûr, il n'est pas si difficile d'y répondre, même en restant dans le cadre de représentations strictement scientifiques : car la lumière, comme phénomène physique, existait réellement dans l'univers avant la formation de corps célestes tels que les étoiles et les planètes. On peut répondre autrement aussi : dans la description du premier jour de la création, il ne s'agit pas du tout de lumière physique, mais de cette splendeur qui accompagne les théophanies décrites dans les livres bibliques. L'une et l'autre réponse seront vraies. Mais l'auteur du Pentateuque n'a écrit ni un traité de sciences naturelles ni un traité de théologie. Il a écrit un poème sur la création du monde par Dieu, un poème où le sens est inséparable des images qui le portent. Et au niveau de la série d'images, il existe réellement un lien direct et immédiat entre le premier et le quatrième jour de la création. Le deuxième jour de la création, l'eau s'est déversée dans le monde : c'est le chaos qui a envahi la création jusque-là harmonieuse et parfaite. Mais Dieu s'est opposé aux forces du chaos et, au cours de cet affrontement, a créé le monde que nous connaissons aujourd'hui. L'apparition des astres devient alors une sorte de victoire sur le chaos, peut-être pas encore définitive, mais tout de même une victoire : car maintenant, comme au premier jour, le jour est de nouveau séparé de la nuit, même si, apparemment, ce n'est pas de la même manière qu'au commencement. Notre monde n'est pas celui qui était à l'origine ; il a connu une certaine catastrophe, dont nous ne pouvons que deviner l'ampleur. Mais Dieu ne l'abandonne pas à la merci des forces obscures ; Il intervient dans les événements afin d'en changer le cours et de sauver Sa création. Et l'homme, selon le dessein de Dieu, devait devenir Son auxiliaire dans l'accomplissement de ce dessein.