RÉFLEXIONS pour 2Co 5:15 — le 24 février 2015

RÉFLEXIONS pour 2Co 5:15

Que signifient les mots de Paul sur la nécessité pour les chrétiens à vivre «pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux» - le Christ? Parfois on les comprend comme la nécessité de se rappeler de ce que le Sauveur a fait pour nous et ce que cela Lui a coûté, parfois comme l'appel à une certaine «participation» mystique dans Ses souffrances, en expliquant clairement d'ailleurs pas toujours, quel pourrait être cette participation mystique aujourd'hui et pourquoi elle Lui est nécessaire. Certes, la mémoire est importante, et les souffrances sont inévitables. Mais en effet, le Sauveur est venu au monde non pas pour qu’on se rappelle de Lui comme on se rappelle souvent des gens célèbres, morts il y a longtemps, et aussi bien sûr pour que nous ne souffrions pas pour Lui.

Il connaissait parfaitement que Ses disciples seront persécutés et qu’ils vont souffrir, mais comme on voit, Il ne donnait aucun sens mystique à ces souffrances, les considérant juste comme une conséquence inévitable de l'opposition des chrétiens à ce mal, dans lequel se trouve le monde déchu. Est importante autre chose: se rappeler que la voie terrestre du Sauveur ne s'achève pas par hasard avec la mort sur la croix et la résurrection.

De même du fait que si dans Sa résurrection il n’y a bien sûr aucun mérite de notre part, dans sa mort sur la croix chacun de nous est dans une certaine mesure coupable. Et pas parce que nous avons pris part d’une manière mystique aux événements d’il y a deux mille ans, mais parce que nous sommes tous nés et vivons dans le monde pourquoi que nous sommes nés et nous vivons dans le monde, où le juste doit automatiquement mourir. Et si nous ne faisons rien pour changer ces automatismes, nous pouvons nous considérer complices de la mort de tous les justes de tous les temps et tous les peuples, y compris aussi le Messie, Qui est aussi mort la mort d’un Juste innocent. Et toute tentative de changer cet automatisme d'une manière ou d'une autre amène à deux choses.

Premièrement, elle nous amène inévitablement à l'opposition avec ce mal, dans lequel se trouve le monde déchu. Et, en souffrant dans cette confrontation, nous participons non pas mystiquement, mais tout à fait réellement dans les souffrances du Sauveur, et dans les souffrances de tous les justes persécutés ou tués pour leur justice, qui n’est pas seulement identique dans toutes les époques, mais aussi une pour tous.

Et, deuxièmement, la tentative de changer l’automatisme, si seulement nous sommes cohérents, tôt ou tard nous amènera inévitablement au seuil du Royaume, ce même qu’a apporté au monde le Sauveur au prix de Sa mort. Ne serait-ce parce que chaque justice est fondée dans le Royaume, qui est aussi un pour tous, et s'achève notamment là. Et toute vie, joint au Royaume, tout chemin, s’achevant à l’intérieur, sera la vie pour le Mort et le Ressuscité, et le chemin conduisant à Lui. Pour partager Sa vie, qui s'est avérée (inattendu même pour Ses disciples les plus proches) plus que Sa mort.