RÉFLEXIONS pour Jb 20:1-29 — le 4 février 2015

RÉFLEXIONS pour Jb 20:1-29

En répondant à Job, Tsophar revient une fois encore au châtiment du pécheur. Au fond, il ne dit rien de nouveau. Il ne fait que répéter les lieux communs qui, à l'époque où le Livre de Job a été écrit, étaient bien connus grâce aux écrits des sages. Tsophar souligne seulement que, tôt ou tard, le pécheur ne pourra échapper au châtiment de Dieu. Ce n'est qu'une question de temps. Là encore, Tsophar ne dit rien de nouveau. Il répète simplement la réponse traditionnelle à une question que les personnes non religieuses ont de tout temps posée aux personnes religieuses : si Dieu existe et s'Il est juste, pourquoi y a-t-il tant de pécheurs prospères dans le monde ? La réponse traditionnelle des personnes religieuses était : chaque chose en son temps.

C'est une réponse vague, et son imprécision même lui donne une portée assez universelle. Il y avait toutefois quelque chose de plus précis : l'appel soit à une rétribution après la mort, soit au jour du Jugement dernier. Ainsi se trouvait affirmée l'inéluctabilité de la rétribution, nécessaire à la conscience religieuse. Car l'homme religieux ne conçoit le monde que comme un lieu où chacun est mis à l'épreuve pour voir s'il se conforme à certaines normes religieuses de conduite, et reçoit, selon le résultat, la récompense ou le châtiment correspondant.

La conscience religieuse ne se représente habituellement ni le monde ni l'être humain autrement. Et si, par exemple, le juste ne reçoit pas la récompense correspondante, ni le pécheur le châtiment correspondant, en ce monde pendant leur vie terrestre, cela signifie seulement que l'un et l'autre sont différés, soit jusqu'au terme du parcours terrestre de la personne, soit jusqu'à la fin des temps.

Mais, en tout cas, le juste ne doit pas murmurer, ni le pécheur se réjouir : tôt ou tard, chacun recevra ce qu'il mérite. Et au-delà de la vie terrestre, la récompense ou le châtiment prennent encore plus d'importance et deviennent, pour ainsi dire, plus sensibles : dans ce cas, ils demeurent avec la personne pour l'éternité. Voilà pourquoi Tsophar conseille lui aussi à Job de ne pas exiger de Dieu jugement et justice ici et maintenant, mais d'attendre. D'autant qu'il s'agit de l'éternité de Dieu, devant laquelle les souffrances temporaires, comme tout ce qui est temporel, y compris la prospérité passagère du pécheur, ne sont rien.