RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Mc 13:1-37

La lecture d’aujourd’hui est remarquable par le passage qu’elle reflète de l’histoire à la fin des temps. Elle commence par la prophétie de Jésus au sujet du Temple, auquel, selon Ses paroles, une destruction complète est réservée (v. 1-23). Cette prophétie s’est accomplie en 70 apr. J.-C., lorsque, après le soulèvement antiromain lancé par les zélotes en Judée, Jérusalem fut prise d’assaut par les Romains après un long siège, et la ville, avec le Temple, fut détruite jusqu’aux fondations. Du Temple ne resta que le soubassement, dont le mur de soutènement occidental est aujourd’hui connu sous le nom de Mur des Lamentations. Ces événements furent précédés d’un puissant essor du mouvement messianique ; peu avant le début du soulèvement, des prétendants au messianisme apparaissaient régulièrement en Judée, certains parvenant à organiser des révoltes locales, durement réprimées par les Romains ; c’est manifestement contre de tels prétendants que Jésus met en garde Ses disciples (v. 5-6). L’atmosphère de l’époque était inquiète et fiévreuse ; des rumeurs circulaient au sujet d’une guerre prochaine qui, disaient les zélotes, serait la dernière guerre, la guerre messianique ; et chaque action militaire, même mineure, s’entourait de rumeurs, parfois les plus invraisemblables, accroissant encore cette atmosphère d’attente générale et exaltée de la fin (v. 7-8). L’avertissement de Jésus au sujet des persécutions à venir ne fut pas non plus vain (v. 9-13) : les persécutions contre les chrétiens commencèrent effectivement avant même le soulèvement de 70 ; mais la prédication de Paul avait déjà retenti dans tout l’Empire romain avant la chute de Jérusalem (v. 10). Lorsque le soulèvement commença et échoua, et que Jérusalem se trouva menacée d’un siège lourd et prolongé, les chrétiens, se souvenant de l’avertissement du Sauveur (v. 14-23), quittèrent la ville ; les pharisiens firent de même. Quant à ce qui se passait dans la ville assiégée, à la haine générale, à l’intolérance et aux violences qui y régnaient, Flavius Josèphe, l’un des témoins et participants de ces événements, l’a décrit en détail dans son livre La Guerre des Juifs.

Et voici qu’après la prophétie sur les événements qui devaient se produire très peu de temps après Sa mort et Sa Résurrection, le Sauveur passe au récit de la fin des temps et de Son second avènement (v. 24-37). Il semblerait que ces événements dussent se suivre immédiatement ou presque immédiatement. Pourtant Jésus Lui-même dit clairement que l’heure de Son retour n’est connue que du Père. Une question se pose alors : quel lien y a-t-il entre les événements de 70 à Jérusalem et le second avènement du Christ ? Pour les Juifs croyants, le Second Temple, construit au VIe siècle av. J.-C. par ceux qui revenaient de Babylone, était le Temple messianique ; le Messie-Christ devait y prêcher, et la fin de ce Temple devait être aussi la fin de l’histoire terrestre et l’avènement du Royaume messianique. Et Jésus, semble-t-il, confirme cette représentation selon laquelle la destruction du Temple achève l’histoire terrestre, en ajoutant qu’elle prendra fin encore du vivant des contemporains de Sa vie terrestre (v. 30 ; « cette génération » signifie « cette génération-ci »). Mais entre l’achèvement de l’histoire terrestre et le triomphe définitif du Royaume, il doit, semble-t-il, s’écouler un certain temps, connu du Père seul. Il nous reste donc à attendre et à veiller (v. 33-37) : attendre le retour du Sauveur dans la plénitude du Royaume et veiller afin que Son retour ne nous surprenne pas.