RÉFLEXIONS pour 1Co 14:20-40
Parlant des langues, l’Apôtre rappelle la prophétie d’Isaïe : « C’est par des lèvres balbutiantes et dans une langue étrangère que l’on parlera à ce peuple » (Is 28,11). Le Seigneur avait fixé ce châtiment aux Israélites parce qu’ils « n’avaient pas voulu écouter » (Is 28,12) le prophète. Chez Isaïe, la langue étrangère est celle des conquérants, le signe du châtiment de Dieu. Le don des langues, lorsqu’il est employé à mauvais escient, ne devient-il pas une cause de division et, par là même, un signe de châtiment ?
L’Apôtre établit une règle stricte, interdisant de parler publiquement en langues lorsqu’il n’y a pas d’interprète. Les langues ne sont pas rejetées entièrement ; on peut les employer dans la prière personnelle (28). Cependant, le principe « garde le silence dans l’église » dut attrister ceux qui avaient l’habitude de se glorifier de ce don (comparer Mt 6,1–8, 16–18).
Les prophètes doivent eux aussi respecter l’ordre. Il est remarquable que les « esprits prophétiques » obéissent aux vrais prophètes ; ils respectent l’ordre afin que les croyants puissent « s’instruire et recevoir une consolation » (et pour cela, par exemple, les prophètes ne doivent pas tous parler en même temps, sinon personne ne comprendra rien).
L’exigence selon laquelle « les femmes... doivent garder le silence » n’est guère une interdiction absolue ; plus haut, l’Apôtre permet aux femmes non seulement de prier, mais aussi de prophétiser, en exigeant seulement qu’elles se couvrent la tête (voir 11,5).
Les paroles « que tout se fasse avec bienséance et avec ordre » montrent que l’ordre convenable n’est pas une valeur moindre que la liberté de l’Esprit prophétique, qui « souffle où Il veut » (Jn 3,8).
Le monde pécheur incline beaucoup de gens à penser que la liberté et l’ordre sont incompatibles ; mais ils s’accordent là où règne l’amour. Il doit en être ainsi dans l’Église.
