RÉFLEXIONS pour Mt 7:1-8 — le 25 juin 2011

RÉFLEXIONS pour Mt 7:1-8

Les paroles de Jésus sur le jugement pourraient être considérées comme la continuation d'une tradition remontant à l'un des grands maîtres d'Israël, Hillel, qui disait : ne juge pas ton prochain avant d'avoir toi-même été à sa place. D'autres maîtres pensaient aussi qu'il ne convenait pas au juste de se hâter de condamner son prochain, même lorsqu'il semblait y avoir de quoi le condamner. Jésus, manifestement, modifie quelque peu la parole de Hillel : Il dit qu'avant de condamner les péchés du prochain, il faut voir son propre péché. Bien sûr, un tel conseil a aussi un sens spirituel et pratique : tant que tu ne comprends pas comment lutter contre tes propres péchés, tu ne comprendras pas comment aider ton prochain à lutter contre les siens. Et il allait de soi que scruter les péchés du prochain n'a de sens que pour l'aider à s'en libérer : car, dans le judaïsme de la période du Second Temple, l'idée généralement admise était que la Torah est un guide sur le chemin de la justice et un moyen de lutte contre le péché, non une sorte de gourdin religieux avec lequel il faudrait frapper le pécheur sur la tête pour ses péchés. Jésus Lui-même appelle donc à une grande prudence en matière de jugement sur une personne, non seulement au sens de la condamner, car prendre la prérogative de Dieu ne serait venu à l'esprit de personne, mais au sens de l'évaluer comme pécheur ou juste. En effet, pour donner une telle évaluation, il faudrait connaître le coeur humain comme seul Dieu peut le connaître. Autre chose est l'évaluation d'actes et d'actions concrètes : chacun qui connaît les commandements et se représente bien le fond de l'affaire évaluée peut plus ou moins correctement les évaluer. Mais la question de savoir qui est digne du Royaume et du salut et qui ne l'est pas ne nous appartient pas, ne serait-ce que parce que nous-mêmes recevons ce Royaume non parce que nous en sommes dignes. De plus, son histoire est encore loin d'être achevée, et le temps des évaluations définitives n'est donc pas encore venu. Quand il viendra, ce ne sera de toute façon pas à nous de les donner. Notre affaire n'est donc pas d'évaluer, mais de lutter contre les péchés qui nous empêchent, nous et nos proches, de marcher sur le chemin de la justice, afin d'achever ce chemin dans le Royaume, où chacun de nous sera enfin délivré de tout ce qui l'empêche de vivre pleinement.