RÉFLEXIONS pour Col 2:6-7 — le 25 juin 2011

RÉFLEXIONS pour Col 2:6-7

Paul, évidemment non sans raison, parle beaucoup et souvent de fidélité. Et il ne s'agit pas seulement de fidélité à Dieu, au Christ et au Royaume, même si c'est bien sûr d'elle qu'il s'agit d'abord. Mais en plus d'eux, il est question de fidélité au choix fait une fois, qui se révèle parfois, aussi paradoxal que cela puisse paraître, plus importante que la fidélité à Dieu, au Christ ou au Royaume. En effet, que signifie la fidélité à Dieu ? Ou la fidélité au Christ ? Si le christianisme était une religion nouvelle, ou une nouvelle théologie, ou un nouvel enseignement éthique, tout serait simple et clair : il nous suffirait alors de déclarer notre attachement à l'enseignement correspondant et à son Fondateur, peut-être aussi de participer périodiquement à certains rites et de porter quelques signes distinctifs. Mais il ne s'agit ni d'un nouvel enseignement ni d'une nouvelle religion, mais d'une vie nouvelle, de la vie dans ce Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde. Or la vie exige la constance, et avant tout la constance des relations qui déterminent nos priorités vitales et sont à leur tour déterminées par le système de valeurs qui nous guide. C'est de ces éléments que se compose la fidélité : aux amis, à la famille, aux compagnons de pensée et de foi, à la vocation de vie et au chemin choisi. Dans son principe, une telle fidélité ne diffère en rien de cette fidélité à Dieu et au Christ sans laquelle la vie dans le Royaume est impossible. La fidélité est une, et elle signifie la constance des relations, ainsi que l'immuabilité du système de valeurs et des priorités vitales. Sans une telle fidélité, aucune vie n'est possible, non seulement dans le Royaume, mais même dans notre monde non transfiguré. Cependant, dans le monde non transfiguré, sans cet axe spirituel intérieur qui se manifeste au niveau des relations de vie par la fidélité, on peut encore vivre d'une certaine façon, bien que l'existence qu'il faudra alors traîner ne puisse être appelée vie qu'avec beaucoup de réserve. Mais dans le Royaume, il est impossible de tenir un seul instant sans lui. Car l'espace spirituel même du Royaume est formé précisément par les relations : les relations de ses habitants entre eux, leurs relations avec le Christ, les relations du Christ lui-même avec le Père. Sans elles, il n'y a pas de Royaume. Et donc il n'y en a pas sans fidélité, sans laquelle les relations du Royaume sont impossibles.