RÉFLEXIONS pour Mt 18:21-22 — le 30 août 2010

RÉFLEXIONS pour Mt 18:21-22

Il ne s'agit évidemment pas de faire une entaille après chaque « pardon » et de les recompter chaque jour en anticipant la revanche tant attendue après la 490e marque. Pardonner, c'est pardonner : sans laisser d'entailles, sans compter les péchés du prochain, sans garder dans le cœur une mauvaise mémoire. C'est difficile, n'est-ce pas ? Mais il existe une autre option : le frère a péché, j'ai pardonné, puis je ne lui donne plus la possibilité de pécher de nouveau contre moi, je cesse toute relation avec lui ! C'est raisonnable, et tout à fait possible. Tout irait bien, mais une phrase de la prière du Notre Père gêne : oui, « remets-nous nos dettes comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs ». Et Jésus juge encore nécessaire de souligner ensuite le sens de ces paroles (Mt 6:14-15). Autrement dit, le Père céleste nous pardonne exactement comme nous pardonnons. Alors imaginez qu'après notre premier péché, il nous ait pardonné puis ait rompu toute relation avec nous... Cela veut donc dire que Jésus, dans sa réponse à Pierre, a tout de même en vue quelque chose de déraisonnable et de peu possible pour nous. Il oriente ainsi de nouveau ses disciples, et nous avec eux, vers l'accueil dans notre cœur de l'Unique qui peut pardonner ainsi, parce que son amour pour les hommes est parfait. Mais sans notre effort, notre consentement, notre désir de pardonner, rien ne se fera : Dieu ne force pas, il donne des forces.