RÉFLEXIONS pour Mt 18:18
La première fois, le Seigneur Jésus-Christ en parle aux disciples en Mt 16:19. Là, à l'Église en la personne de l'apôtre Pierre, qui vient de confesser le Christ comme Fils du Dieu vivant, est donnée l'autorité de pardonner aux hommes leurs péchés, autorité qui n'appartient qu'à Dieu. Ici encore, le Seigneur Jésus donne à ses disciples, première communauté chrétienne, l'autorité de pardonner les péchés, et il souligne que le pardon que donne l'Église s'accomplit non seulement sur la terre, mais aussi au ciel, c'est-à-dire dans l'éternité.
Il est compréhensible et logique que ce que Dieu accomplit au ciel se reflète dans la vie terrestre des hommes. Mais ici nous voyons que le Seigneur a voulu établir dans l'Église un autre lien : ce qu'elle accomplit ici s'étend jusqu'au ciel. L'Église transmet aux hommes le pardon divin, et le péché confessé dans le sacrement ecclésial de la pénitence est pardonné ; il n'existe plus.
D'habitude, nous pensons que le Seigneur parle de l'autorité comme d'un droit, d'une capacité ou d'une force de donner le pardon. Mais lui-même parle d'une nature tout autre de l'autorité dans le Royaume des cieux. Il faut plutôt comprendre ses paroles ainsi : il confie à l'Église un ministère dont l'essence consiste à transmettre son pardon. C'est là le sens de l'existence de l'Église et de ses sacrements, car par les mains des apôtres c'est le Christ lui-même qui donne ce pardon.
Il y a encore un sens très important dans ces paroles : le temps terrestre de notre vie est sans prix ; nous ne pouvons construire des relations avec les hommes qu'ici, tant qu'il y a du temps. Tant que nous vivons sur la terre, nous pouvons essayer de réparer quelque chose, pardonner et rouvrir notre cœur à ceux qui nous ont offensés, demander nous-mêmes pardon à ceux que nous avons offensés. Nous mourrons avec le « capital » spirituel que nous aurons accumulé. Et si nous mourons avec le non-pardon dans le cœur, comment pourrons-nous être dans le Royaume du pardon et de l'amour ?
