RÉFLEXIONS pour Lc 11:52
Ce sont précisément les pharisiens et les scribes, ceux pour qui toutes les relations avec Dieu se réduisaient à l'accomplissement des commandements et des nombreuses règles et prescriptions qui en étaient déduites, qui provoquaient la plus grande indignation du Christ. Dans une telle approche légaliste, le Dieu qui est, le Dieu vivant, devient superflu : il suffit qu'Il ait donné Sa loi autrefois, et ensuite Il peut ne plus apparaître. Dans ce cas, l'homme qui a renoncé au lien direct avec Dieu devient l'interprète arbitraire des commandements de Dieu, remplaçant peu à peu la Loi de Dieu par des commandements humains (cf. Mc 7:6-8) et considérant leur accomplissement comme le chemin du salut. Tout cela est complètement opposé au dessein de Dieu sur les relations entre Lui et l'homme, dessein pour l'accomplissement duquel le Christ est venu dans ce monde. Mais la colère particulière de Jésus s'abattait sur les docteurs de la loi non parce qu'ils suivaient eux-mêmes le chemin de l'autojustification menant à la perdition, mais parce qu'ils faisaient d'eux-mêmes les autorités spirituelles d'Israël, proclamant que leur chemin était celui de la justice et du salut, enseignant aux autres à les imiter et les éloignant ainsi de Dieu.
Il ne faut pas penser que le légalisme est mort avec les pharisiens et les scribes contemporains de Jésus. L'apôtre Paul combat lui aussi, par toute sa prédication, la tentation du légalisme, car ce « virus » a très vite pénétré dans l'Église naissante. Et aujourd'hui, dans toute confession, dans toute communauté chrétienne, nous rencontrons les mêmes prétentions à posséder la « clé de la connaissance », le même remplacement des relations vivantes avec Dieu dans le courant vivant de la tradition ecclésiale par l'exécution irréfléchie de règles et de coutumes accumulées par telle ou telle dénomination au cours de sa longue ou courte histoire. Essayons, sans violer ces règles, en gardant l'accord dans notre Église, de chercher en même temps davantage : cette rencontre avec le Christ et cette plénitude du Saint-Esprit qui feront de nous des personnes portant dans leur cœur l'amour de Dieu et des hommes.
