RÉFLEXIONS pour Jc 2:13
L'apôtre Jacques nous révèle dans ces paroles le grand mystère de la miséricorde de Dieu. La justice et la rétribution selon les oeuvres sont des choses importantes ; le juste jugement sur nos actes est inévitable, comme toutes les lois du monde. Une brique jetée en l'air retombe sur la tête selon la loi de la gravitation universelle. Le péché entraîne la disparition de la vie... Mais ce juste jugement ne limite pas le destin du monde et de l'homme. Il existe la miséricorde de Dieu, et elle est plus haute et plus importante que le jugement. La traduction synodale rend ici très exactement le sens du mot grec : la miséricorde triomphe du jugement. Cette révélation est incroyable, et elle concerne directement notre espérance ; c'est précisément ce triomphe de la miséricorde qui rend le monde beau.
Mais il est important pour l'apôtre Jacques que nous comprenions correctement sa pensée. Le triomphe de la miséricorde de Dieu ne signifie pas que nous pouvons « nous permettre » le péché en comptant sur le fait que le Seigneur nous fera « de toute façon » miséricorde. Une telle opinion est apparue dès l'époque apostolique et fut rejetée dès ce temps-là. L'apôtre souligne que la miséricorde agit dans la mesure où nous-mêmes nous la prenons pour guide dans notre vie. Si elle n'est pas « pratiquée », elle nous demeure inaccessible. Voilà, au fond, pourquoi le Seigneur distingue comme principal pour l'homme d'aimer Dieu et le prochain.
