RÉFLEXIONS pour 2R 6:1-33
De nouveau la guerre avec la Syrie, et de nouveau Élisée avec son peuple. Pourtant, un événement tout à fait nouveau, comme il ne s'en était jamais produit, survient au cours de cette guerre. Qu'Élisée ait fait appel à la puissance spirituelle pour capturer l'armée syrienne n'est, au fond, pas surprenant : nous savons déjà qu'avec l'aide de Dieu, Élisée est capable d'accomplir des choses stupéfiantes. Ce qui étonne est ailleurs : c'est précisément Élisée, disciple du redoutable Élie et lui-même capable de la plus grande sévérité, qui non seulement empêche que l'on massacre les prisonniers, mais contraint aussi le roi à les renvoyer chez eux en paix et avec honneur. Ce n'était pas du tout ainsi que l'on avait coutume d'agir à cette époque, ni même à d'autres.
Il est significatif que ces Syriens précisément, qui avaient fait l'expérience de la miséricorde d'Élisée, aient cessé d'être les ennemis d'Israël. La miséricorde s'est révélée avantageuse même du point de vue pratique de l'État. Mais ce qui s'est produit en ces jours-là était plus important que tout intérêt immédiat. La cruauté qui règne dans le monde a encore un peu reculé.
Mais le monde continue de baigner dans le mal, et voici que la famine règne dans Samarie assiégée. Incapable de nourrir le peuple, le roi veut se défouler sur Élisée. Il nous est en effet propre, à nous les hommes, au lieu de résoudre le problème « que faire ? », de chercher « qui est coupable ». Et souvent, nous ne cherchons même pas : nous désignons simplement un bouc émissaire...
