RÉFLEXIONS pour Is 15:1-16:14
Les malheurs qui attendent les voisins de Juda n’échappent pas au regard intérieur du prophète, et nous entendons une prophétie sur la défaite militaire prochaine de Moab, un peuple païen apparenté aux Israélites. Les Israélites ont souvent combattu les Moabites, mais ils n’en demeuraient pas moins parents et parlaient des langues extrêmement proches. Or voici qu’un ennemi commun s’avance contre les deux peuples.
En prononçant cette prophétie, Isaïe ne cache pas que les malheurs qui approchent de Moab découlent directement des actes pécheurs de son peuple, dont il va maintenant devoir répondre. Le prophète aurait pu se borner à constater ce fait, mais nous entendons la vive sympathie d’Isaïe pour les Moabites et nous ressentons sa compassion pour eux. Le prophète veut espérer que les Moabites pourront se repentir et changer de conduite ; hélas, cela n’arrive pas. Leur repentir est hypocrite et formel, et un tel « repentir » n’est nécessaire ni à Dieu ni, à vrai dire, à ceux qui se repentent. Tout cela cause une douleur encore plus grande au prophète, qui compatit avec ceux qui souffrent mais voit aussi qu’ils n’ont pas tiré les conclusions nécessaires de ce qui leur est arrivé.
