RÉFLEXIONS pour Mt 12:31
Habituellement, les paroles du Christ selon lesquelles tout péché et tout blasphème seront pardonnés aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas pardonné, nous les percevons comme une mesure de la limite de la miséricorde de Dieu. Il nous semble qu'il y a quelque chose que Dieu ne peut pas (ou ne veut pas) pardonner. Et tout l'intérêt serait de comprendre quelle est donc cette abomination que Dieu refuse de pardonner.
Derrière ces paroles, nous perdons la chose bouleversante, incroyable, que dit Jésus : tout péché et tout blasphème seront pardonnés aux hommes. Il est essentiel que ce ne soit pas ici une catégorie modale : ils peuvent être pardonnés. Dans l'original grec, comme dans le texte russe, c'est simplement le futur. Ils seront pardonnés. Cela n'annule pas pour autant une autre parole du Sauveur : demandez, et l'on vous donnera. Il ne fait aucun doute qu'il faut chercher le pardon, c'est-à-dire a) en avoir besoin, b) le demander et c) le pratiquer dans sa vie. Mais combien est importante pour nous la promesse que notre espérance de pardon se réalisera. La limitation est le lot de la créature ; le pardon, lui, comme œuvre de Dieu, ne peut pas être limité.
Que se cache-t-il alors derrière les paroles de Jésus selon lesquelles le blasphème contre l'Esprit Saint ne sera pas pardonné ? Essayons de les reformuler pour plus de clarté. L'eau peut humidifier tout, sauf l'eau. Le feu peut brûler tout, sauf le feu. Tout peut être pardonné, sauf le blasphème contre l'Esprit Saint. Le pardon n'est pas seulement un don ; plus encore, il est l'action et la manifestation de la présence de l'Esprit Saint, et si cette présence est blasphémée, si elle n'est pas accueillie par nous, le feu du pardon ne s'allume pas.
