RÉFLEXIONS pour Mat 26:1-29 — le 29 mai 2006

RÉFLEXIONS pour Mat 26:1-29

À partir de ce moment, le récit de l’Évangile commence à avancer inexorablement vers le centre de sa signification : l’histoire de la mort et de la Résurrection de Jésus. Les chrétiens ont toujours compris ces événements comme l’accomplissement d’un sacrifice nouveau que le Christ offre pour le monde entier. Dans la langue vivante, le mot « sacrifice » a depuis longtemps perdu son sens religieux originel. Cependant, la difficulté ne tient pas seulement aux anciennes réalités religieuses, mais aussi à la nature même de ce don de soi. Le Christ Se donne comme en réponse au geste de la disciple qui a répandu sur Lui une huile parfumée de grand prix. Pour un observateur extérieur — représenté ici par Judas — donner ce que l’on a de plus précieux pour autrui est absurde et barbare. Il serait davantage satisfait par le « sacrifice » d’une aumône faite aux pauvres, lorsque l’on donne une part infime de ce que l’on possède. Tout donner, se donner soi-même, est une réalité « au-delà des limites » pour Judas et, probablement, pour beaucoup d’entre nous. Mais un mystère plus grand encore réside en ceci : le Christ souffrant et mourant devient pour les disciples le pain et le vin, la nourriture qui alimente leur vie, désormais indissolublement liée au Maître.