RÉFLEXIONS pour Jr 31:33
Si l'on part de la diversité et de l'ampleur avec lesquelles la miséricorde de Dieu se révèle aux hommes, et de tout ce que Dieu nous a révélé de Lui-même, car dans le Christ toute la plénitude de la Divinité a été manifestée corporellement, la conclusion s'impose que, avec la naissance de l'Église, l'histoire religieuse de l'humanité est achevée. Au fond, c'est bien le cas: que pourrait encore nous donner Dieu, Lui qui a donné pour nous la vie de Son Fils? Le don de Dieu dans le Christ est si immense qu'il nous faut des siècles pour en prendre conscience et l'accueillir. La possibilité de recevoir la vraie vie dans l'Église est si réelle que rien d'autre, au fond, n'est nécessaire. Mais ce n'est qu'un côté de la question: le côté de Dieu.
Si l'on lit attentivement ce que Dieu dit dans la Bible au sujet de la Nouvelle Alliance, en particulier les paroles du prophète Jérémie citées plus haut, ou les paroles prononcées quelques années plus tard par le prophète Ézéchiel (Éz 36:26-27), la justesse d'un saint contemporain qui a dit que le christianisme ne fait que commencer devient pleinement évidente. Les prophètes parlent d'une transformation si profonde des hommes que l'accomplissement de la volonté du Créateur sera pour nous non une nécessité extérieure, mais une nécessité intérieure. L'action de l'Esprit Saint dans les participants de la Nouvelle Alliance est appelée, semble-t-il, à nous remplir au point que la réalisation de la liberté humaine ne soit pas le péché, mais l'union avec Dieu, et que l'accomplissement de notre vocation puisse devenir notre libre choix.
Depuis l'Antiquité, un grand rêve enflammait les esprits et les cœurs des meilleurs parmi les hommes: faire en sorte que le péché ne règne pas en nous. Pour cela, on a créé des systèmes religieux et des doctrines philosophiques; mais le plus souvent, les hommes ont essayé pour cela de créer une société parfaite. Ceux d'entre nous qui ont grandi sous les bolcheviks se souviendront ici de leur promesse selon laquelle, sous le communisme, le travail deviendrait le besoin volontaire de tous les membres de la société. Au fond, ils n'étaient pas très originaux, ils n'ont fait que singer une autre promesse. Seulement il s'est avéré qu'accomplir une telle chose sans violer la liberté de l'homme est impossible. Et seul Dieu, qui accomplit toutes Ses promesses, dit par les prophètes qu'il en sera ainsi, parce que notre liberté d'être saints a été payée par le Sang de Son Fils. Il est clair que l'accomplissement de cette promesse en nous n'est pas encore arrivé, mais cela dépend désormais de nous-mêmes. Entre autres choses, nous avons ainsi reçu une perspective grandiose, sinon pour toute l'humanité, du moins pour chaque personne.
