RÉFLEXIONS pour Rm 5:15
Il n'est pas très simple de traduire la pensée de l'apôtre Paul dans le langage des représentations modernes. Essayons ainsi: selon la logique de Paul (qui correspond à la logique de la révélation biblique), par la transgression d'un seul, Adam, le péché est entré dans le monde, et il demeure en nous tous, parce que nous ne sommes pas meilleurs qu'Adam. Le péché entraîne la mort. Le péché se manifeste différemment en chacun de nous, par des transgressions diverses, et la loi apparaît pour dénoncer ces transgressions. Ainsi la loi est adéquate aux transgressions et, en les révélant, elle devient juge et bourreau. Mais après avoir donné la loi par Moïse, Dieu va plus loin et manifeste sa grâce en Jésus-Christ. La grâce est l'« énergie » vivifiante envoyée par Dieu, et l'une des manifestations, l'un des dons de cette grâce, est le pardon des péchés, la justification des transgressions. Et ce don vient lui aussi par un seul pour « beaucoup » (le mot « beaucoup » signifie ici « une multitude », non au sens de « pas tous », mais au sens de « pas un seul »), comme le péché, comme la loi. Mais, à la différence de la loi, ce don de la grâce n'est pas adéquat aux transgressions; il « surabonde »: quelles que soient les transgressions et quel qu'en soit le nombre, ce don suffit plus que largement pour la justification, le pardon, le salut. C'est précisément la foi que ce don nous est ouvert dans le Christ qui nous permet de nous détacher du premier Adam, le pécheur, et de nous unir en une humanité nouvelle dans le second Adam, le juste, le Fils de Dieu.
