RÉFLEXIONS pour 2Co 1:21-22
L’apôtre Paul parle ici de ce que le Seigneur accomplit dans notre vie. La traduction russe, comme la slavonne, suit ici l’ordre des mots de la phrase grecque, ce qui la rend quelque peu difficile à comprendre. Si l’on regarde les versets précédents, la pensée de l’apôtre est la suivante. Il parle de la fidélité de Dieu, du fait qu’en donnant la promesse du salut dans le Christ, le Seigneur ne vacille pas et ne change pas. En nous appelant à ce que notre parole soit ferme et sincère, « oui, oui, non, non », le Seigneur Lui-même le réalise pleinement. Et nous avec vous, dit l’apôtre, Dieu nous a affermis dans le Christ et nous a faits oints. Ce même Dieu nous a donné le sceau et les arrhes de l’Esprit Saint. Ce sont précisément ce sceau et ces arrhes qui nous affermissent dans le Christ.
On peut discerner dans les paroles de l’apôtre toute une série d’aspects importants. Premièrement, il faut remarquer que, dans cette phrase, la traduction slavonne s’éloigne du sens littéral du texte grec. Le grec arrabon signifie littéralement « gage », et un tel mot existe en slavon. Mais le traducteur slavon parle des « fiançailles de l’Esprit », et il manifeste en cela une compréhension très exacte et profonde du sens des paroles de l’apôtre. Il ne s’agit pas simplement d’« arrhes » (le mot grec peut aussi se traduire ainsi), d’un début de donation. L’apôtre a en vue précisément les « fiançailles », le commencement de notre union avec Dieu dans Son amour. Ce gage ou ces fiançailles de l’Esprit, l’apôtre les appelle aussi sceau, et c’est précisément ainsi que nous nommons le don que le chrétien reçoit dans le sacrement de la Chrismation, dans le baptême dans l’Esprit Saint : « le sceau du don de l’Esprit Saint », dit l’Église en marquant du saint chrême le nouveau baptisé. Il est tout à fait vraisemblable que la perception de ce don comme sceau, qui a de profondes racines bibliques, soit née dès l’âge apostolique. On ne peut pas exclure non plus que la célébration du sacrement ait moins changé depuis lors qu’on ne le pense habituellement.
Ainsi, Dieu nous a marqués du sceau du don de l’Esprit Saint, Il nous a fiancés à Lui. Et par là même, dit l’apôtre, Il nous a affermis dans le Christ et nous a oints. Comme, en grec, les mots « Christ » et « onction » ont la même racine, on peut tenter de rendre la phrase ainsi : « Dieu nous a affermis dans l’Oint et nous a oints ». Il est question du Corps du Christ et du fait que Dieu nous incorpore au Corps du Christ. Le don de l’Esprit Saint incorpore l’homme au corps du Fils de Dieu incarné, à Sa vie. Ailleurs, l’apôtre dit à son propre sujet : « ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi ». Ici, il sous-entend : « nous vivons déjà dans le Christ, parce que Dieu nous a scellés de l’Esprit ».
Rappelons que toute cette partie du premier chapitre est consacrée à la fidélité de Dieu, au fait qu’Il accomplit ce qu’Il dit et qu’Il parle de ce qu’Il réalise réellement. Notre incorporation au Christ par les fiançailles à l’Esprit Saint est en effet l’accomplissement de ce que Dieu avait dit de la Nouvelle Alliance par les prophètes depuis la plus haute antiquité.
