RÉFLEXIONS pour Mc 12:29-31
La réponse du Christ à la question du scribe sur le plus grand commandement de la loi a une importance fondamentale pour le Nouveau Testament. La question elle-même reflète les vifs débats qui avaient lieu parmi les Juifs au temps de la vie terrestre du Sauveur. Certains pensaient que, dans la loi, tous les commandements sans exception ont une importance déterminante, et qu'il n'y en a pas de plus ou de moins importants. Celui qui pèche contre un seul commandement devient, de ce point de vue, transgresseur de toute la loi. Cette opinion se reflète notamment dans l'épître de l'apôtre Paul aux Romains. Ceux qui s'y tenaient estimaient que la loi comme telle est donnée par Dieu et qu'elle est donc sainte. Pourtant, il est difficile de tenir pour également importants, d'un côté, les commandements « Je suis le Seigneur ton Dieu, tu n'auras pas d'autres dieux » et « tu ne tueras point », et de l'autre, les commandements « tu ne gâteras pas les coins de ta barbe » et celui de faire ses besoins hors du camp.
D'autres Juifs, au contraire, tenaient les commandements de l'alliance du Sinaï pour loin d'être équivalents. On connaît la réponse de rabbi Hillel à un païen qui voulait connaître l'essence du judaïsme en bref, « en se tenant sur un seul pied ». Hillel lui dit : « Ce qui t'est désagréable, ne le fais pas à ton prochain ; voilà toute la loi, le reste n'en est que commentaire ». La réponse du Seigneur Jésus soutient évidemment ce dernier point de vue. Pourtant, entre la position du Christ et celle de son aîné contemporain Hillel, il existe une différence sensible.
À la différence du savant rabbin, le Fils de Dieu formule deux commandements principaux, plaçant en premier le commandement de l'amour de Dieu. De plus, le Seigneur exprime les deux grands commandements sous une forme active et positive : au lieu de « ne fais pas », il dit « aime », c'est-à-dire que sa compréhension de la loi est orientée non vers ce qu'il ne faut pas faire, mais vers ce qu'il faut faire. Ensuite, il est fondamental que le Seigneur unisse ces deux commandements. Au fond, le Nouveau Testament nous donne un seul commandement, qui nous appelle à aimer Dieu et le prochain de l'amour dont le Fils de Dieu nous a aimés sur la Croix. Enfin, le Christ refuse résolument de comparer d'autres commandements avec ces deux-là, soulignant leur caractère unique et exhaustif.
Le scribe qui a posé la question retient précisément ce dernier aspect : « Tu as dit avec vérité... l'aimer... et aimer son prochain... c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices ». Le Seigneur approuva cette compréhension, disant au scribe qu'il n'était pas loin du Royaume de Dieu.
