RÉFLEXIONS pour Mt 15:29-39 — le 4 août 2001

RÉFLEXIONS pour Mt 15:29-39

Pourquoi le Seigneur, qui répète si souvent lorsqu'Il accomplit des miracles « va et ne le dis à personne », accomplit-Il un miracle si manifeste, qui deviendra certainement connu de tous, et en plus une seconde fois ? Pour manifester l'autorité du Fils de Dieu sur la création, il aurait suffi de rassasier cinq mille personnes avec cinq pains...

Très certainement, la question posée est incorrecte, et c'est important. Il n'est pas du tout évident que le Seigneur ait consciemment planifié cette situation. Le verbe grec du verset 29, à la différence du russe « s'assit », exprime une action inachevée : « étant monté sur la montagne, Il y était assis ». Et les foules s'approchèrent de Lui... Ce que le Seigneur ne pouvait certainement pas faire, c'était leur refuser la guérison et la parole de vie ; si bien que le soir arriva sans qu'on s'en aperçoive. Il n'a pas créé spécialement une situation pour le miracle, mais dès lors qu'elle s'est présentée, le miracle lui-même devient la continuation naturelle de l'abondante miséricorde du Christ.

Il est également important pour nous que l'évangéliste répète le récit de la seconde multiplication qui nourrit une foule nombreuse. Il nous donne ainsi la possibilité de voir des traits essentiels de ressemblance dans la manière dont le miracle s'accomplit. À la différence de la première fois, les disciples ne disent plus avec scepticisme qu'il ne suffirait pas de pain pour une telle foule même avec deux cents unités romaines conventionnelles ; ils demandent au Maître : d'où prendrons-nous tant de pains ? Et le Christ prend ce qui est là et rend grâce. C'est sans doute le mot clé de tout le récit de ce miracle : l'action de grâce à Dieu. C'est elle qui se révèle être l'acte qui introduit le miracle dans le monde et efface la frontière entre la terre et le ciel.